En France, on estime que 900 000 personnes sont atteintes de maladie d’Alzheimer. 60% d’entre elles vivent à domicile, la maladie devient alors un membre à part entière des foyers. L’union des Bistrots mémoire est une initiative bretonne, qui tente de lutter contre l’isolement social et le manque d’informations, dont souffrent souvent ces familles. 

On résume souvent la maladie d’Alzheimer à des troubles de la mémoire. Toutefois, les personnes qui en sont atteintes et leur entourage subissent également d’autres symptômes, que leur impose indirectement la maladie : dépression, tensions familiales, isolement social, etc. Bistrot mémoire intervient alors pour sortir ces duos aidant-aidé de leur routine et de leur confinement. Le premier Bistrot mémoire a été créé en 2004, s’en sont suivis 49 autres.

 

 

Le 21 janvier, le premier Bistrot mémoire des Côtes-d’Armor a été inauguré : Le Kafe Marvailhoù.  Depuis, les rencontres alternent, une semaine sur deux, entre Le Petit Saint-Michel de Saint-Michel-en-Grève et le bar L’Express de Plouaret.

Les Bistrots mémoire offrent un lieu d’échange aux malades et à leurs proches. Hors du cadre médical, ces rencontres contribuent à faire évoluer les représentations sociales sur les personnes atteintes de troubles de la mémoire et maladies apparentées. Ces rencontres permettent également de redonner la parole à ces personnes marginalisées.

 

« Le fait de venir, apporte un travail d’acceptation de la maladie, aussi bien pour l’aidant que la personne malade, explique Lise Gauvin, psychologue et animatrice des rencontres.  Souvent, c’est la question de la solitude qui amène les gens à venir ici. On n’ose pas nommer la maladie ou tout simplement dire le mot “Alzheimer”. »

 

 

Si les retours des participants sont très positifs, beaucoup n’osent pas encore franchir le pas. Parler de la maladie reste difficile. Les initiateurs du projet espèrent donc voir les rencontres se démocratiser davantage. Claudine Thomas, coordinatrice locale :
« On a mis en place un covoiturage dans les villages, pour que même les personnes qui n’ont pas de moyen de locomotion puissent se rendre à nos rencontres. »

Laureline Pinjon